Tolérance zéro pour les marchands ambulants !

Publié le par france-maroc-services

tt.jpgDepuis quelques années, leur nombre ne cesse d’augmenter, et leur présence dérange de plus en plus. Des boulevards occupés, des trottoirs envahis, ils sont partout, et dans tous les quartiers de Casablanca ! Ce sont les marchands ambulants, ces « commerçants », qui, aujourd’hui, sont de moins en moins tolérés par les habitants, les boutiquiers, les automobilistes, et même les piétons.

 Sur le boulevard Mohammed VI, il y en a pour tous les goûts: vêtements, produits de beauté, sacs, DVD, fruits & légumes, escargots, téléphones, ustensiles de cuisine… l’offre est variée et dépend des saisons et de la demande.

 Dans le quartier de Derb Sultan, les exploitants de commerces ont toujours dénoncé la présence des marchands ambulants, considérant leur activité comme une concurrence déloyale, dans le sens où ils supportent plusieurs charges qui ne concernent pas « les ferrachas ».

 Pour faire face à cette situation, certains commerçants ont décidé d’installer leurs marchandises dans la rue pour écouler leur stock.  Il y en a même qui  traitent avec des marchands ambulants, contre une commission. « Ma marchandise  ne se vend plus, puisque les voitures ont du mal à arriver jusqu’ici à cause des « ferrachas » qui bloquent le passage ! J’ai décidé de jouer le jeu et d’étaler mes produits à mon tour sur le sol, un peu plus loin de mon magasin ! Il faut dire que je n’ai pas vraiment le choix», s’indigne Abdessalam.

 La majorité de ces marchands ambulants n’habite pas le quartier où ils exposent. Certains viennent des campagnes pour vendre des produits saisonniers (figues de barbarie, maïs, marrons…) et regagnent leur village dès que la marchandise est écoulée. D’autres, ont vu dans cette activité une manière de gagner beaucoup plus d’argent et ont décidé de s’installer à Casablanca. Ils se font régulièrement approvisionner par leur famille, ami, ou employeur, et se déplacent de quartier en quartier à la recherche de plus de clients, ou parfois même pour fuir les agents de l’autorité.

 « Je suis arrivé à Casablanca il y a environ 6ans. Mon frère était venu avant moi pour vendre des pastèques, il a bien apprécié le commerce ici et il a décidé de rester. Quelques mois plus tard, il m’a proposé de le rejoindre. Aujourd’hui, nous vendons des tissus, des vêtements, des livres, des sacs…cela dépend des périodes! Il y a des jours où je gagne jusqu’à 500 dh et d’autres où je ne dépasse pas les 70 dh, mais je ne me plains pas !» raconte Rachid, 29 ans.

 Les habitants de plusieurs quartiers de Casablanca se plaignent de l’existence de ces marchands ambulants à proximité de leur domicile. « J’ai acheté mon appartement à 18 000 dh le m², et je me retrouve à habiter devant « un marché » ambulant ! C’est très dérangeant ! Il y a de la saleté partout, des légumes pourris que l’on ne prend pas la peine de ramasser ! Je ne veux même plus ouvrir les fenêtres pour éviter d’entendre les « Maticha khamsine » et « Btata tmanine » », s’indigne un habitant.

ttt.jpgCependant, certaines personnes apprécient ce « commerce » de  proximité qui leur évite de se rendre au marché, et leur facilite l’accès à des produits tels que les légumes, les poissons, etc.

 Chasse aux marchands  ambulants

 Lors de notre enquête, nous avons constaté que, depuis quelques semaines, une grande campagne est en cours contre les marchands ambulants dans plusieurs quartiers de la capitale économique. En effet, à Derd Ghallef, à Derb Sultan, à Elbernoussi, à Bab Marrakech et sur le boulevard Mohammed V, pour ne citer qu’eux, les marchands ambulants sont traqués par les forces de l’ordre, et n’ont plus le droit d’étaler leur marchandise là où ils avaient l’habitude de le faire. Une démarche qui divise les citoyens. Entre ceux qui sont soulagés et ceux qui font preuve de plus de tolérance et d’empathie, les avis sont mitigés.

 « S’ils s’adonnent à cette activité, c’est qu’ils n’ont pas pu trouver d’emploi !  Je préfère qu’ils vendent dans la rue plutôt que de voler ou d’agresser les gens», déclare Kamal, retraité.

 A proximité de Bab Marrakech, Malika, 62 ans, avait l’habitude d’étaler sa marchandise tous les jours au même endroit et ce depuis 14 ans, affirme-t-elle. Cela fait quelques jours qu’elle et ses camarades n’ont plus le droit d’exposer leurs produits. « Nous, les habitants de l’ancienne médina, sommes blésés par cette décision. Je n’ai pas de mari et une famille à nourrir. On nous interdit de pratiquer cette activité, c’est comme si on nous avait amputé le bras droit ! Qu’allons-nous faire? Nous demandons aux autorités et aux personnes responsables de nous trouver une solution ! ».

 Maintenant qu’ils sont interdits de pratiquer leur activité le jour, les marchands ambulants attendent la nuit pour pouvoir sortir leurs charrettes, mais restent toujours sur leur garde, de peur de se faire confisquer leur marchandise par les Mkhaznis.

 « Il y a quelques mois, un agent m’a pris 17 000 dh de marchandise que je n’ai jamais plus revu ! J’ai fait appel à un avocat, j’ai porté plainte mais en vain ! Tous ce que nous voulons aujourd’hui, c’est une solution concrète», dénonce Halima.

 Plusieurs questions se posent aujourd’hui. Que faut-il faire, mettre fin au marché informel, qui paralyse les rues et détruit l’économie nationale, au risque de mettre plusieurs familles dans le besoin? Ou bien ne rien faire et enfoncer davantage Casablanca dans le désordre et l’anarchie ?

 

Asmaa Loudni (source, la nouvelle T.com)

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