Pour les agences de notation, l’économie marocaine reste solide mais tourne au ralenti

Publié le par france-maroc-services

Pour les agences de notation, l’économie marocaine reste solide mais tourne au ralenti

26 avril 2016Par Fahd Iraqi Jeune Afrique

Alors que les différentes agences de notation renouvellent leur confiance dans la solvabilité de l’économie marocaine, le taux de croissance est revu à la baisse par quasiment toutes les institutions financières. Dernier exemple avec la notation de l'agence Fitch Ratings.

C’est le dernier rapport de cette session d’avril d’actualisation de prévisions économiques. L’agence Fitch Ratings vient de confirmer le maintien de la notation souveraine du Maroc à « BBB- » avec perspective stable. Elle vient se joindre à la longue liste des agences et institutions financières nationales et internationales qui ont scruté l’économie marocaine durant ces dernières semaines, de la Banque mondiale au FMI, en passant par Standard & Poor’s.

Fitch Rating rejoint ces institutions en montrant un certain optimisme quant à la situation macro-économique du royaume, mettant en avant la baisse de la facture énergétique sous l’effet du recul des prix du pétrole, la diminution du déficit du compte courant, le développement de nouvelles industries à l’exportation. L’agence de notation anglo-américaine estime ainsi que l’objectif de limiter le déficit budgétaire à 3,5% du PIB en 2016 semble crédible.

Croissance au ralenti

Il n’empêche que Fitch Rating s’attend à un ralentissement de la croissance, à moins de 2 % (contre +4,5 % en 2015), en raison de la baisse de la demande en provenance de l’Europe, de la réduction attendue des recettes de tourisme, mais aussi de la chute de la production agricole.

« La dette publique du Maroc reste plus élevée que les pays ayant la même note, à 49,1 % du PIB fin de 2015 (contre une médiane de 42,2 % dans la catégorie ‘BBB’), mais elle est stabilisée en 2015 après six années de croissance (32,1 % du PIB en 2008 ) et Fitch s’attend à ce qu’elle baisse en 2016. Sa structure est favorable, avec une charge d’intérêt plus faible et une part de la dette libellée en devises étrangères qui est plus petite que les médianes du groupe ‘BBB' », estime l’agence anglo-américaine dans son rapport.

Ces mêmes arguments, on les retrouve également dans le rapport de Standard & Poor’s qui a maintenu également, début avril, son rating pour le Maroc à « BBB-/A3 » avec perspective stable. L’agence attire en outre l’attention sur les tensions sociales qui « devraient accroître les défis sociopolitiques auxquels le gouvernement devra faire face dans le contexte des élections législatives prévues en octobre 2016 ». S&P projette ainsi un taux de croissance pour le royaume à +1,8 % seulement en 2016.

Le cavalier solitaire du ministère des Finances

Cette prévision est en ligne avec le taux de croissance attendue par la Banque mondiale pour le royaume (+1,7 %). Le Fonds monétaire international, plus optimiste, table sur une croissance de + 2,3 %, selon le dernier panorama de la croissance mondiale, rendu public le 11 avril.

Ces deux institutions financières ont revu leurs prévisions de croissance d’un point, entre les rapports d’avril et les missions effectuées quelques mois plus tôt.

Leurs prévisions de croissance restent néanmoins supérieures à celle des institutions marocaines qui se veulent encore plus conservatrices. Le Haut commissariat au plan et la Banque centrale marocaine projettent une croissance respectivement de +1,3 % et +1 % seulement.

Ces dernières pointent, entre autres, le ralentissement des crédits accordés par les banques ou encore la saison agricole compromise.

Malgré tout, le ministère des Finances campe toujours sur ses prévisions au taux de +3 % qu’il avait pris pour base lors de l’élaboration du budget 2016, en octobre dernier. « En temps normal, le département des Finances aurait lui aussi revu ses ambitions à la baisse, à l’instar de tous les organismes nationaux et internationaux. Mais dans une année électorale, la décision est plus politique que technique…», décrypte une source au sein du ministère des Finances.

Fahd Iraqi

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